vendredi 3 juillet 2015

"Injustice", par Florent Moreau


"L'Espagne des toros révèle de temps à autres un visage peu enviable. En vous rendant vers certaines arènes, alors que le ciel n'est encombré d'aucun nuage, vous pourriez bien avoir de mauvaises surprises. 

Des annulations par exemple, dans des arènes de première catégorie, le jour de la course, car tous les toros sont refusés, sans lot de substitution pour les remplacer. Mieux (ou pire) encore, des arènes qui par le passé ont dû annuler une corrida à cause d'un nombre trop faible de billets vendus ; ou d'un organisateur qui est parti avant le paseo avec l'argent sans même payer les toreros (c'est ce qui est arrivé au mois de mai dernier à Orduña, au Pays Basque).

Pour Fabrice Torrito, qui s'occupe à plein temps de la ganadería du Marqués de Albaserrada, il ne s'agit pas d'annulation, mais d'une histoire de la même nature.

Desprendido nº 11 dans un flou artistique.
Où est-il? Que va-t-il advenir de lui?
Photo Laurent Larrieu
(Campos y Ruedos)

On peut suivre, assez régulièrement, l'évolution de l'élevage via son site, lescarnetsdumayoral.blogspot.fr. On peut y remarquer l'important travail réalisé par le français aux manettes de cet élevage, et dont l'objectif est de maintenir l'existence de toros d'origine Pedrajas. Un travail acharné mais admirable. 

Il y a plusieurs semaines, au début du mois de juin, un article y rapportait une histoire mystérieuse concernant une novillada du Marqués de Albaserrada. Le jour de l'embarquement, les organisateurs demandèrent aux responsables de l'élevage de bien vouloir procéder à une manipulation des bêtes, pour réduire leurs armures. Face à cette exigence d'un goût douteux, les novillos restèrent dans la ganadería. On ne saura probablement pas le fin mot de cette histoire, faute de connaître l'arène en question...

En revanche, avec des agissements comme celui-ci, on est en présence du Milieu taurin avec un grand M, celui qui évoque le milieu tout court, les magouilles, et tout ce qui est impossible à cautionner. 

Ce Milieu taurin-là marche sur la tête. Il est celui qui barre la route à des ganaderías intéressantes ou à des toreros et novilleros qui un jour ont brillé... mais attendent encore que le téléphone sonne.
Quand on voit par exemple que l'élevage (Guardiola Fantoni) qui a fourni la meilleure novillada de la saison 2014 en France est parti à l'abattoir quelques mois après, on peut sérieusement se poser des questions sur la santé actuelle de la tauromachie.

La seconde histoire, en peu de temps, qui concerne le fer du Marqués de Albaserrada et Fabrice Torrito, se passe (ou plutôt ne se passe pas) à Rozas de Puerto Real, près de Madrid. Là-bas, une corrida du Marqués de Albaserrada était annoncée pour le samedi 27 juin, ce qui par ailleurs était mentionné sur l'affiche.
On peut bien entendu se demander s'il est honorable de faire combattre ses toros dans un tel bled doté d'une arène portative. Dans tous les cas, ce sera forcément mieux que de les envoyer dans les rues ou à l'abattoir. 

Le 27 juin à Rozas de Puerto Real, tandis que le nom du Marqués de Albaserrada brillait sur les affiches, ce sont des toros de Cándido García Sánchez qui ont finalement été combattus. Comble de l'histoire, la corrida de Fabrice Torrito avait déjà été embarquée... et n'a plus été revue depuis. Ce n'est pas ce genre d'anecdote qui aidera la tauromachie à aller de l'avant.

A force, les personnes comme Fabrice Torrito passent pour des irréductibles, tandis qu'elles devraient être la norme dans le monde des toros. Mais vous pourrez être sûrs d'une chose, le jour où vous verrez en piste un lot du Marqués de Albaserrada, c'est qu'il aura appartenu à des gens honnêtes."

Florent Moreau.

mardi 30 juin 2015

Où est Hachero ?


Toujours sans nouvelles d'Hachero le nº 22 et de ses sept frères taureaux de quatre ans du Marquis d'Albaserrada vendus à un "empresario" et embarqués de Mirandilla pour être toréés le 27 juin dernier à Las Rozas de Puerto Real près de Madrid. Finalement, point d'Albaserrada en piste ce jour-là. Où est Hachero?

A suivre ...

Hachero à Mirandilla,
le jour de son embarquement
Photo Laurent Larrieu
(Campos y Ruedos)



mercredi 24 juin 2015

Education taurine payante


Depuis plusieurs années, je reçois des groupes scolaires venus de France en séjour linguistique en Andalousie qui désirent visiter un élevage brave. 

Il faut féliciter ces professeurs qui imposent la découverte de ce pan de la culture espagnole, tant décrié. Ce réflexe est d'autant méritoire que cette initiative ne connait pas son équivalent dans son pays d'origine. En effet, les scolaires andalous n'incluent jamais la visite d'une ganadería dans leurs excursions culturelles. Navrant et très préoccupant!

Je joins ci-dessous le texte que m'a envoyé Maya Jiménez, enseignante d'Espagnol, instigatrice de la visite de la Finca Mirandilla pour les élèves de Première du lycée Sainte-Germaine de Massac-Séran dans le Tarn.

Cela me fait beaucoup de bien de voir qu'une visiste porte ses fruits et que le message a pu être transmis. N'oublions jamais que notre combat se situe aussi là, auprès des plus jeunes.

Un grand merci au club taurin de Castres qui a poussé ce professeur a aller visiter la ganadería du Marquis d'Albaserrada et a même participé au financement de cette visite. Ole!


Montage du groupe scolaire

"Je t'envoie ce mail pour te remercier de l'accueil que tu as réservé à notre groupe à la Finca Mirandilla.

Les élèves étaient enchantés. Hier je les ai eus en classe et ils m'ont dit qu'après la visite de Mirandilla, ils voulaient maintenant voir des images de corrida. Je leur ai montrés des faenas de Manzanares à la Maestranza de Séville.
Au moment de l'estocade, six des élèves qui n'étaient pas venus à Séville, on fermé les yeux en s'écriant "quelle cruauté!".

Ma surprise fut grande lorsque les élèves qui firent la visite de la ganadería ont commencé à expliquer aux autres qu'un taureau de corrida est un taureau de combat sélectionné pour lutter et qu'il est plus digne pour lui de mourir dans une arène en démontrant sa bravoure plutôt que dans un abattoir. Ils ont aussi expliqué la condition extraordinaire de vie du taureau de combat qui bénéficie de plus d'un hectare. Ils ont raconté la possibilité de la grâce du taureau exceptionnel dans sa lutte et donné l'exemple de Laborioso qui sauva sa vie au combat et fut un reproducteur heureux jusqu'à sa mort naturelle à 15 ans.

Les explications se sont succédées et ont prouvées l'attention qu'ils ont prêté à tes arguments. Cloé, la fille qui te demanda pourquoi tu envoyais tes taureaux à l'arène si tu les aimais tant, conclut en disant "pour émettre un avis sur la corrida, il faut comprendre ce qu'est un taureau brave".
Merveilleuse réaction spontanée de mes élèves. Il faut reconnaître qu'ils avaient eu un bon prof ...

Vu cet intérêt inattendu et suivant ton conseil, à partir de lundi je vais commencer à travailler avec eux l'enseignement de la tauromachie, chose que je ne devais faire que l'année prochaine. Le moment est idéal. Sandrine et hélène veulent même assister à une corrida. Nous irons certainement à Mont de Marsan voir le mano a mano entre Ponce et Fandiño. Elles sont heureuses et enthousiastes à cette idée.

Le mercredi suivant j'étais à Castres avec Jacky Nêgre et Jean-jacques Dhomps, pour voir la corrida télévisée de la San Isidro avec Morante, Juli et Castella. Je leur ai conté notre visite et ils étaient ravis de savoir que les gosses s'étaient régalés. C'est eux qui me conseillèrent de te contacter et qui m'ont même aidé à financer cette visite.

Je te remercie à nouveau pour ton intérêt, ta foi et ta pédagogie. Merci pour nous avoir ouvert les portes de Mirandilla et de la tauromachie".

samedi 20 juin 2015

Plus d'Albaserrada à Rozas de Puerto Real

Décidemment, la temporada 2015 s'annonce compliquée pour le fer du Marquis d'Albaserrada.
Après une novillade "inaboutie" pour refus d'afeitado, la corrida pourtant annoncée par affiche, ne se lidiera pas le 27 juin à Rozas de Puerto Real. Les causes de ce déni sont aussi obscures que le milieu taurin lui-même. La destination de ces taureaux devient très incertaine ...
Maruchi et Fabrice attendent des jours meilleurs
Photo Laurent Larrieu (Campos y Ruedos)
Désolé pour les amis aficionados qui nous avaient fait part de leur satisfaction et pour les medias qui avaient annoncé la corrida.
Nouveau coup dur pour Mirandilla. Mais Maruchi la ganadera et Fabrice son mayoral ne baisseront pas les bras pour autant!

mercredi 17 juin 2015

Corrida du Marquis d'Albaserrada à Rozas de Puerto Real


C'est enfin officiel! Le cartel est publié.

La corrida du Marquis d'Albaserrada sera lidiée le samedi 27 juin à Rozas de puerto real, au nord-ouest de Madrid, près de la province de Avila.

Ce village est l'amont de la vallée du río Tiétar, zone réputée très toriste, qui est d'ailleurs surnommée "la vallée de la terreur" ... 

Le cartel est composé de jeunes matadors : Antonio Rosales qui sera le chef de lidia, Sergio Blasco et Gómez del Pilar. 

Ce dernier, pourtant le plus jeune d'alternative, étant le plus expérimenté des trois.

 

dimanche 7 juin 2015

Afeitado


Novillada "vendue" pour une arène "toriste" renommée de 3º catégorie espagnole. Belle opportunité pour la ganadería du Marquis d'Albaserrada qui veut lidier ses animaux en Espagne cette année.

Veedor, intermédiare, courtier, commision taurine, de nombreuses visites au campo depuis plusieurs semaines pour décider des 6 utreros idoines. Allégresse, communion autour de l'amour du taureau, belles paroles, tout est parfait dans le meilleur des mondes.

Mayoral heureux, novillos soignés plus que d'habitude, impatience de voir le résultat d'une stricte sélection.

Une corne astifina d'un
des novillos "refusé"







































Le jour de l'embarquement, tout est prêt à Mirandilla, vachers, chevaux, cabestros, pour que l'opération se passe le plus sereinement possible.

Et puis patatras, ... l'intermédiaire ... du courtier ... du veedor, nous fait savoir qu'il faut AFEITER les novillos avant de les embarquer ... Afeiter, ... mais juste un peu. Comme si le nombre de centimètres rendait le forfait plus ou moins acceptable ...

Refus catégorique de la ganadera et son mayoral. Menaces : vous ne vendrez jamais rien si vous n'afeitez pas! Si tout le monde le fait, pourquoi pas vous? ...

Des annés de travail sérieux qui partent en fumée. On se sent seuls au monde. Si tout le monde le fait, pourquoi pas vous? ...

Novillade, arène de 3º catégorie, trois novilleros modestes, ... et il faudrait afeiter!
Grande tristesse du mayoral. Désagréable sensation d'être seul à côté de la plaque, ... si tout le monde le fait, ...

Les antis-corridas sont clairement à l'intérieur du système!

Mais il faut réagir et remonter le pente du désespoir. Les novillos nº 22-33-35-36-40 et 53 du Marquis d'Albaserrada, EN POINTES, ont gagné quelques semaines de vie et sont retournés au campo.

Ils sont à nouveau en vente!

vendredi 29 mai 2015

Satanées ficelles


Ceux qui vont souvent à la Finca Mirandilla connaissent le combat quotidien du mayoral pour faire prendre conscience à ses vachers de ne laisser au sol aucune ficelle des balles de paille ou de foin.

Inésthétiques, souvent rouges ou jaunes, antiécologiques pour l'environnement, elles représentent surtout un danger grave pour le bétail.

Les bêtes, notamment les veaux peuvent les mâchonner et aller jusqu'à les avaler, ce qui peut créer des dégâts terribles dans leur panse.

De plus, elles peuvent s'accrocher à une extrémité et faire un garrot pouvant occasionner des problèmes de circulation de sang, d'inflammation musculaire ou de blessures tranchantes importantes.

Voir en photos et en video, la mauvaise expérience de la vache nº 927 Vinagrera qui s'est trouvée entravée par une de ces satanées ficelles à la tête et à l'antérieur gauche pendant une journée jusqu'à ce que les vachers puissent la libérer.

Pour cette fois, le mal a été moindre.

Plus aucune ficelle à Mirandilla!

Vinagrera entravée.
Belle doyenne de plus de 18 ans