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| L'azulejo mythique |
Originaire de Bilbao, grand homme d'affaires (mines, banques, compagnies maritimes, vins, ...) il tombre amoureux de l'Andalousie et de celle qui deviendra son épouse et la mère de ces huit enfants, tous des garçons, DOLORES GONZALEZ ALVAREZ.
Il s'installe définitivement à Sévilla et continue de faire prospérer les affaires familiales. Il crée notamment le négoce du caviar (esturgeons du Guadalquivir). Il est le promoteur de la première féria de Séville en 1847 et devient maire de la capitale andalouse.
En 1884, c'est un de ses fils, EDUARDO YBARRA GONZALEZ qui achète la moitié du plus important élevage du moment, celui de DOÑA DOLORES MONJE, la veuve MURUBE. Cette ganadería unissait les sangs de JOSE ARIAS de SAAVEDRA et de PICAVEA de LESACA, du pur VISTAHERMOSA. L'achat se base sur 150 vaches, 30 añojos (1 an), 50 erales (2 ans) et 25 taureaux de 4 ans pour un montant de 350.000 pesetas.
Cet EDUARDO se marie avec GUADALUPE DE PABLO y LLORENTE, fille du futur créateur de l'encaste PABLO ROMERO et soeur d'AMPARO de PABLO Y LLORENTE qui fut l'épouse du JUAN VÁZQUEZ de l'ESPARRAGAL.
L'élevage va connaître une expansion importante. Le 8 avril 1885, la ganadería des frères YBARRA débute à Madrid. Au cartel LAGARTIJO, FRASCUELO et EL GALLO. La corrida plaît et une seconde est présentée en octobre de la même année au cours de laquelle est lidié le grand VALLEHERMOSO ("brave comme on n'en a pas vu d'autres de la saison et même depuis plusieurs saisons. Dur, puissant et noble"). Et que dire de VENCEDOR, un châtain obscur bragado (ventre blanc), bien armé, qui à Murcie le 8 septembre 1886 prit 14 piques, renversa 10 chevaux et en tua sept (tous les picadors à l'infirmerie sauf "EL CHUCHI")? Après la course du 12 juillet 1893 à Bayonne, le mayoral MORENO envoie a son patron le télégramme suivant :
"JAVATO, huit piques, brave au dernier tiers. CARIÑOSO, brave en se grandissant, neuf piques, trois chevaux. FORTUNA, brave, neuf piques, un cheval avec bronca du public pour un défaut de vision. MURCIANO, arrogant, cinq piques, deux chevaux. Total chevaux morts, douze"
On peut dire que ces taureaux d'YBARRA repésentaient la branche dure et encastée des VISTAHERMOSA.
C'est en 1904 que la famille se défait de la ganadería en vendant deux parts égales. Une première au Conte de SANTA COLOMA et l'autre à Fernando PARLADÉ. Ces lignées donneront via SANTA COLOMA : BUENDÍA, ALBASERRADA, SALTILLO, ... et TAMARÓN, GAMERO CÍVICO, PEDRAJAS, CONDE DE LA CORTE, DOMECQ, ATANASIO, NUÑEZ via PARLADÉ. On peut donc avancer que 80 % des taureaux actuels proviennent d'YBARRA!
Le fer "Y" originel, a changé de mains à plusieurs reprises : GAMERO CÍVICO, GUARDIOLA FANTONI, GUARDIOLA SOTO, FELIX HERNÁNDEZ, EL SERRANO et dans l'actualité COUTO DE FORNILLOS (via SANTA TERESA).
La famille YBARRA continue de gérer de très nombreuses activités indistrielles, dont la principale est l'alimentation. Qui n'a pas eu sur sa table du riz, de la mayonnaise, de l'huile d'olives, du jambon ou du sel marqués du célèbre "Y" ?
L'histoire de cette dynastie taurine éveilla une curiosité excitante chez notre équipe d'arquéologues des tentaderos oubliés. Rendez-vous fut pris avec LUÍS YBARRA COLOGAN, l'arrière petit-fils du fondateur de la ganadería EDUARDO YBARRA et sa maman LAURA COLAGAN à la finca familliale LA CASCAJERA à Isla Menor en plein coeur de la "marisma" sévillane.
En pénétrant dans la finca LA CASCAJERA, nous sommes d'abord impressionnés par le magnifique cortijo, SAN JOSÉ DE BUENAVISTA. L'écrivain René BAZIN (l'oncle d'Hervé BAZIN l'auteur de Vipère au poing) est lui aussi impacté par la vue du cortijo. Dans son "TERRE D'ESPAGNE", publié en 1894, il écrit : "Sur la gauche, s'élève une hacienda rose, carrée. C'est SAN JOSÉ DE BUENAVISTA, qui appartient à D. EDUARDO de YBARRA". Près de 150 ans après, seule la couleur des façades a changé ... Un patio imposant, des installations agricoles multiples et un corps de ferme qui renferme un trésor taurin!
Des têtes de taureaux, des affiches, des photos, des gravures, des faïences, des peintures, ... un véritable musée qui retrace l'histoire des YBARRA ganaderos.
Notre hôte nous fait ensuite découvrir la jumenterie de purs sangs arabes. Une merveille. Poulains, étalons, juments, ... nous ébaissent de leur grâce et puissance. Cette "Yeguada" a été créé en 1917 par l'achat de quinze juments de la YM (jumenterie militaire) par JOSÉ MARÍA YBARRA GÓMEZ-RULL, qui possède le titre de CONDE DE YBARRA. Elle est encore une référence dans l'univers du cheval arabe pour sa pureté depuis ses origines :
https://yeguadaybarra.com/historia/
Nous terminons cette magnifique visite par le monumental tentadero de la famille où s'est forgé pendant des lustres le caractère des taureaux d'YBARRA. A noter que l'édifice a gardé sa couleur rouge sienne originelle (comme l'était le cortijo). Ce lieu hanté par la caste et la bravoure est terriblement émouvant pour les aficionados que nous sommes. Et que dire de cet "azulejo" mythique qui résume un pan fondamental de l'histoire de la tauromachie?
"CONSTRUIT L'ANNÉE 1.885
Toreros qui ont toréé ici avant et après avoir pris l'alternative.
ANTONIO REVERTE, prit l'alternative en 1891.
EMILIO BOMBA, prit l'alternative le 21 septembre 1893.
ANTONIO FUENTES, prit l'alternative en 1893.
JOSÉ GARCÍA (ALGABEÑO), prit l'alternative le 22 septembre 1895.
RICARDO TORRES (BOMBITA), prit l'alternative en 1899.
RAFAEL GOMEZ (EL GALLO), prit l'alternative le 28 septembre 1902."
Prodigieux!!!
Le fondateur de la dynastie avec 5 de ses 8 fils
Ganadería Murube, à l'origine des futurs Ybarra
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| Le célèbre Vencedor lidié à Murcie |
| Entrée du cortijo "San José de Buenavista" |

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| Musée taurin. Le tentadero et le cortijo aux mêmes couleurs |
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Musée taurin
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| Le tentadero oublié au temps de sa splendeur |
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| Devant l'azulejo historique |
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| L'hommage de l'afición nîmoise à la famille Ybarra |























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