jeudi 16 juillet 2026

Rogelio Pajuelo continue son ascension

Rogelio Pajuelo, le jeune novillero de Gerena, continue son ascension en terres françaises et espagnoles.

Le 3 juillet dernier, invité par les clubs taurins Col y Toros et Union Taurine Nîmoise, il a participé et remporté le "bolsín "Tarde de campo" face à ses compagnons Moreno Leal et Matias Sauvaire, à la ganadería des Héritiers de François André.

De plus, il s'est qualifié pour la demi-finale du bolsín basque "Memorial Ivan Fandiño" qui lui permettra de toréer la novillade du 24 août lors de la Féria de Bilbao (arène de 1º catégorie).















Concentré avant le paseo (Pappalardo veille ...)





Après la tienta avec Isabel et Fabrice


Avec le trophée du vainqueur


Demi-finale le 24 et finale le 28 août ...





Mayoral de Dolores Aguirre

FERNANDO PIZARRO, le Mayoral de la ganadería de DOLORES AGUIRRE à Constantina.
 

Les tentaderos oubliés : la saga Ybarra


 La saga taurine de la famille YBARRA débute avec JOSÉ MARÍA DE YBARRA y GUTTIÉREZ de CAVIEDES (1816-1878). 

Originaire de Bilbao, grand homme d'affaires (mines, banques, compagnies maritimes, vins, ...) il tombre amoureux de l'Andalousie et de celle qui deviendra son épouse et la mère de ces huit enfants, tous des garçons, DOLORES GONZALEZ ALVAREZ.

Il s'installe définitivement à Sévilla et continue de faire prospérer les affaires familiales. Il crée notamment le négoce du caviar (esturgeons du Guadalquivir). Il est le promoteur de la première féria de Séville en 1847 et devient maire de la capitale andalouse.


José-María de Ybarra y Guttierez de Caviedes
 
José María et 5 de ses fils dont Eduardo

En 1884, c'est un de ses fils, EDUARDO YBARRA GONZALEZ qui achète la moitié du plus important élevage du moment, celui de DOÑA DOLORES MONJE, la veuve MURUBE. Cette ganadería unissait les sangs de JOSE ARIAS de SAAVEDRA et de PICAVEA de LESACA, du pur VISTAHERMOSA. L'achat se base sur 150 vaches, 30 añojos (1 an), 50 erales (2 ans) et 25 taureaux de 4 ans pour un montant de 350.000 pesetas.

Le fer et la devise MURUBE

Cet EDUARDO se marie avec GUADALUPE DE PABLO y LLORENTE, fille du futur créateur de l'encaste PABLO ROMERO et soeur d'AMPARO de PABLO Y LLORENTE qui fut l'épouse du JUAN VÁZQUEZ de l'ESPARRAGAL 

(https://lescarnetsdumayoral.blogspot.com/2026/01/tras-las-huellas-de-los-tentaderos.html)

L'élevage va connaître une expansion importante. Le 8 avril 1885, la ganadería des frères YBARRA    débute à Madrid. Au cartel LAGARTIJO, FRASCUELO et EL GALLO. La corrida plaît et une seconde est présentée en octobre de la même année au cours de laquelle est lidié le grand    VALLEHERMOSO ("brave comme on n'en a pas vu d'autres de la saison et même depuis plusieurs    saisons. Dur, puissant et noble"). Et que dire de VENCEDOR, un châtain obscur bragado (ventre blanc), bien armé, qui à Murcie le 8 septembre 1886 prit 14 piques, renversa 10 chevaux et en tua sept (tous les picadors à l'infirmerie sauf "EL CHUCHI")? Après la course du 12 juillet 1893 à Bayonne, le mayoral MORENO envoie a son patron le télégramme suivant :

"JAVATO, huit piques, brave au dernier tiers. CARIÑOSO, brave en se grandissant, neuf piques, trois chevaux. FORTUNA, brave, neuf piques, un cheval avec bronca du public pour un défaut de vision. MURCIANO, arrogant, cinq piques, deux chevaux. Total chevaux morts, douze".

On peut dire que ces taureaux d'YBARRA repésentaient la branche dure et encastée des VISTAHERMOSA.

Le célèbre VENCEDOR



C'est en 1904 que la famille se défait de la ganadería en vendant deux parts égales. Une première au Conte de SANTA COLOMA et l'autre à Fernando PARLADÉ. Ces lignées donneront via SANTA COLOMA : BUENDÍA, ALBASERRADA, SALTILLO, ... et TAMARÓN, GAMERO CÍVICO, PEDRAJAS, CONDE DE LA CORTE, DOMECQ, ATANASIO, NUÑEZ via PARLADÉ. On peut donc avancer que 80 % des taureaux actuels proviennent d'YBARRA!

Ybarra vend à Santa Coloma et Parladé

Le fer "Y" originel, a changé de mains à plusieurs reprises : GAMERO CÍVICO, GUARDIOLA FANTONI, GUARDIOLA SOTO, FELIX HERNÁNDEZ, EL SERRANO et dans l'actualité COUTO DE FORNILLOS (via SANTA TERESA).

La famille YBARRA continue de gérer de très nombreuses activités indistrielles, dont la principale est l'alimentation. Qui n'a pas eu sur sa table du riz, de la mayonnaise, de l'huile d'olives, du jambon ou du sel marqués du célèbre "Y" ?

Huile, riz, sel, mayonnaise, ...
 






L'histoire  de cette dynastie taurine éveilla une curiosité excitante chez notre équipe d'arquéologues des tentaderos oubliés. Rendez-vous fut pris avec LUÍS YBARRA COLOGAN, l'arrière petit-fils du fondateur de la ganadería EDUARDO YBARRA et sa maman LAURA COLOGAN à la finca familliale LA CASCAJERA à Isla Menor en plein coeur de la "marisma" sévillane.

Luís Ybarra et sa maman Laura Cologan


En pénétrant dans la finca LA CASCAJERA, nous sommes d'abord impressionnés par l'imposant cortijo, SAN JOSÉ DE BUENAVISTA

Les chercheurs de tentaderos oubliés entourent les propriétaires


         San José de Buenavista


                               Le patio central du cortijo

L'écrivain René BAZIN (l'oncle d'Hervé BAZIN l'auteur de Vipère au poing) est lui aussi impacté par la vue de l'édifice. Dans son "TERRE D'ESPAGNE", publié en 1894, il écrit : "Sur la gauche, s'élève une hacienda rose, carrée. C'est SAN JOSÉ DE BUENAVISTA, qui appartient à D. EDUARDO de YBARRA". Près de 150 ans après, seule la couleur des façades a changé ... 



Un patio imposant, des installations agricoles multiples et un corps de logis qui renferme un trésor taurin! Des têtes de taureaux, des affiches, des photos, des gravures, des faïences, des peintures, ... un véritable musée qui retrace l'histoire des YBARRA ganaderos.

                                                                Le musée taurin



Notre hôte nous fait ensuite découvrir la jumenterie de purs sangs arabes. Une merveille. Poulains, étalons, juments, ... nous ébaissent de leur grâce et puissance. Cette "Yeguada" a été créée en 1917 par l'achat de quinze juments de la YM (jumenterie militaire) par JOSÉ MARÍA YBARRA GÓMEZ-RULL, qui possède le titre de CONDE DE YBARRA. Elle est encore une référence dans l'univers du cheval arabe pour sa pureté depuis ses origines : 

(https://yeguadaybarra.com/historia/)

                                                      La jumenterie arabe



Nous terminons cette magnifique visite par le monumental tentadero de la famille où s'est forgé pendant des lustres le caractère des taureaux d'YBARRA. A noter que l'édifice a gardé sa couleur rouge sienne originelle (comme l'était le cortijo). Ce lieu hanté par la caste et la bravoure est terriblement émouvant pour les aficionados que nous sommes.

                      Luís Ybarra et Fabrice Torrito au centre du tentadero mythique





                              Le tentadero historique au temps de sa splendeur

Et que dire de cet "azulejo" mythique qui résume un pan fondamental de l'histoire de la tauromachie?


"CONSTRUIT L'ANNÉE 1.885

Toreros qui ont toréé ici avant et après avoir pris l'alternative.

ANTONIO REVERTE, prit l'alternative en 1891.

EMILIO BOMBA, prit l'alternative le 21 septembre 1893.

ANTONIO FUENTES, prit l'alternative en 1893.

JOSÉ GARCÍA (ALGABEÑO), prit l'alternative le 22 septembre 1895.

RICARDO TORRES (BOMBITA), prit l'alternative en 1899.

RAFAEL GOMEZ (EL GALLO), prit l'alternative le 28 septembre 1902."


Prodigieux!!!



                                 Émus et heureux devant l'azulejo mythique

                                 Hommage de l'afición nîmoise à la famille Ybarra

vendredi 26 juin 2026

Mayoral de Saltillo

A la finca LA VEGA à PEÑAFLOR avec
ENRIQUE RUIZ, le Mayoral de SALTILLO

 





































vendredi 29 mai 2026

Rogelio Pajuelo

Quinze années comme mayoral, au pied du canon, tous les jours, du matin au soir, créent de très nombreuses histoires à conter. Surtout des histoires de taureaux, mais aussi des histoires humaines de toreros. Celle de ROGELIO PAJUELO en est une.

La première fois que ce gamin me demanda très poliment d'assister à un tentadero, il n'avait que douze ans. Menu, de petite taille, il paraissait  minuscule devant la génisse d'ALBASERRADA.

Mais son courage et sa conviction me plurent. Après cette première, il fréquenta assidûment MIRANDILLA et ses tentaderos. De tapia (expression qui définit la pratique pour les jeunes apprentis toreros d'attendre que le maestro invité par l'éleveur en termine et que le mayoral les autorise à affronter à leur tour la vache en piste), il montra toujours une courtoisie et un respect preuves d'une excellente éducation.

Il ne refusa jamais de "sortir" avec les vaches, même les plus grandes et les plus retorses (et il y en avait quelques unes chez ALBASERRADA ...). Il le faisait même parfois contre mon avis. Et quel plaisir de voir cette qualité rare chez les novices : savoir écouter et appliquer les conseils donnés par son maître professeur de toujours TOMÁS CAMPUZANO.

Nous fumes ainsi les témoins, en quelques mois, d'une amélioration exponentielle. 

C'est à l'âge de quatorze ans que je lui offris l'opportunité de tuer son premier animal à MIRANDILLA lors du 12º festival dans la CERCA DE LOS FRANCESES le 11 novembre 2023. Il coupa ce jour-là 2 oreilles à ELEGANTE le becerro (jeune taureau) nº 55 (tour de piste posthume), ce qui lui valu de remporter le trophée EDUARDO ROLÁN. Il récidiva le 2 décembre 2023 pour le 13º et dernier (avant-dernier ...) festival de TORRITO AFICIÓN. Il coupe deux oreilles au nº 3 HORTELANO (tour de piste posthume).

Depuis mon départ de MIRANDILLA, je côtoie moins ROGELIO, mais je suis l'évolution de sa prometteuse carrière. Nous attendions tous qu'il ait enfin les seize ans réglementaires pour se produire en public avec mise à mort et participer à des bolsins. Il faudra attendre pour cela le 11 juin 2025.

2025 sera l'année du décollage : 2 oreilles et queue à ALMADÉN pour se qualifier à la finale des promesses de la chaîne CANAL SUR, 2 oreilles à CENIZATE. Il termine 3º (sur 6) de la finale de CANAL SUR à LUCENA. À BEAS il connait la face amère de la tauromachie avec un gos "tampon" qui lui fit perdre connaissance.

Et cette année 2026 sera celle de l'explosion.

Il est le triomphateur du Bolsín PEPE DE MONTIJO organisé par la COORDINATION DES CLUBS TAURINS DE NÎMES à BELLEGARDE le 27 mars (ce qui lui vaut une place à la novillade de la Féria de NÎMES en mai).

Il est le vainqueur du Bolsín EL CAMPO à VAUVERT le 8 mai.

Il remporte le 16 mai le Certamen (concours) CLUB COCHERITO DE BILBAO qui lui vaut de toréer la novillade de la Féria de BILBAO le 24 août.

D'autres triomphes à UBRIQUE (course télévisée par CANAL SUR) et à CORIA.

Et sa plus belle récompense pour l'instant, les 2 oreilles d'un novillo de ROLAND DURAND lors de la Féria de NÎMES qui lui vaudront une sortie par la porte des Consuls de l'amphithéâtre nîmois!

Il faut raison garder et avoir beaucoup de patience. Le chemin va être ardu. Impossible de savoir aujourd'hui quel avenir va réserver cette merveilleuse profession à ROGELIO PAJUELO, mais le début de cette histoire fait du bien et il faut savoir le savourer. D'autres moments magiques viendront ...

La belle histoire d'amitié entre TORRITO AFICIÓN et le village de GERENA est née en 2009, ... qui est aussi la date de naissance de ROGELIO. On peut donc dire que cette histoire est celle de tous les nîmois qui son attachés à GERENA depuis la famille AIGON, la PEÑA CAMPUZANO, TORRITO AFICIÓN, les amis de PABLO ROMERO, COL y TOROS, LA COORDINATION, ... (la liste est très longue).

Le seul petit problème pour les français hispanisants "de comptoir", est qu'il faut apprendre à prononcer ROGELIO PAJUELO, avec les sons "RR" et "JOTA" et aux bons endroits ... Et ça c'est une autre histoire ...

Le maletilla et le mayoral

Torero et attapaïre (trophée Gillou 2022)

Son premier becerro

Sa première mise à mort

José, le soutien permanent

Avec Tomás Campuzano, le maître de toujours
et Philippe Michel (Col y Toros)

22 mai 2026, porte des Consuls de Nîmes









mardi 12 mai 2026

Mayoral de Torrestrella

JUAN CID DE LA CORTE, troisième génération de Mayoral de la ganadería TORRESTRELLA.

Lorsqu'un simple Mayoral rencontre un maestro Mayoral, qu'une chose à faire, se décoiffer!

mardi 5 mai 2026

Ça cogne dur au campo!

 

Les contrastes du campo. Après la douceur de la Dolce Vita, ça cogne dur!