mardi 14 juillet 2026

Les tentaderos oubliés : la saga Ybarra

 
L'azulejo mythique
La saga taurine de la famille YBARRA débute avec JOSÉ MARÍA DE YBARRA y GUTTIÉREZ de CAVIEDES (1816-1878). 

Originaire de Bilbao, grand homme d'affaires (mines, banques, compagnies maritimes, vins, ...) il tombre amoureux de l'Andalousie et de celle qui deviendra son épouse et la mère de ces huit enfants, tous des garçons, DOLORES GONZALEZ ALVAREZ.

Il s'installe définitivement à Sévilla et continue de faire prospérer les affaires familiales. Il crée notamment le négoce du caviar (esturgeons du Guadalquivir). Il est le promoteur de la première féria de Séville en 1847 et devient maire de la capitale andalouse.

En 1884, c'est un de ses fils, EDUARDO YBARRA GONZALEZ qui achète la moitié du plus important élevage du moment, celui de DOÑA DOLORES MONJE, la veuve MURUBE. Cette ganadería unissait les sangs de JOSE ARIAS de SAAVEDRA et de PICAVEA de LESACA, du pur VISTAHERMOSA. L'achat se base sur 150 vaches, 30 añojos (1 an), 50 erales (2 ans) et 25 taureaux de 4 ans pour un montant de 350.000 pesetas.

Cet EDUARDO se marie avec GUADALUPE DE PABLO y LLORENTE, fille du futur créateur de l'encaste PABLO ROMERO et soeur d'AMPARO de PABLO Y LLORENTE qui fut l'épouse du JUAN VÁZQUEZ de l'ESPARRAGAL (https://lescarnetsdumayoral.blogspot.com/2026/01/tras-las-huellas-de-los-tentaderos.html)

L'élevage va connaître une expansion importante. Le 8 avril 1885, la ganadería des frères YBARRA    débute à Madrid. Au cartel LAGARTIJO, FRASCUELO et EL GALLO. La corrida plaît et une seconde est présentée en octobre de la même année au cours de laquelle est lidié le grand    VALLEHERMOSO ("brave comme on n'en a pas vu d'autres de la saison et même depuis plusieurs    saisons. Dur, puissant et noble"). Et que dire de VENCEDOR, un châtain obscur bragado (ventre blanc), bien armé, qui à Murcie le 8 septembre 1886 prit 14 piques, renversa 10 chevaux et en tua sept (tous les picadors à l'infirmerie sauf "EL CHUCHI")? Après la course du 12 juillet 1893 à Bayonne, le mayoral MORENO envoie a son patron le télégramme suivant :

"JAVATO, huit piques, brave au dernier tiers. CARIÑOSO, brave en se grandissant, neuf piques, trois chevaux. FORTUNA, brave, neuf piques, un cheval avec bronca du public pour un défaut de vision. MURCIANO, arrogant, cinq piques, deux chevaux. Total chevaux morts, douze"

On peut dire que ces taureaux d'YBARRA repésentaient la branche dure et encastée des VISTAHERMOSA.

C'est en 1904 que la famille se défait de la ganadería en vendant deux parts égales. Une première au Conte de SANTA COLOMA et l'autre à Fernando PARLADÉ. Ces lignées donneront via SANTA COLOMA : BUENDÍA, ALBASERRADA, SALTILLO, ... et TAMARÓN, GAMERO CÍVICO, PEDRAJAS, CONDE DE LA CORTE, DOMECQ, ATANASIO, NUÑEZ via PARLADÉ. On peut donc avancer que 80 % des taureaux actuels proviennent d'YBARRA!

Le fer "Y" originel, a changé de mains à plusieurs reprises : GAMERO CÍVICO, GUARDIOLA FANTONI, GUARDIOLA SOTO, FELIX HERNÁNDEZ, EL SERRANO et dans l'actualité COUTO DE FORNILLOS (via SANTA TERESA).

La famille YBARRA continue de gérer de très nombreuses activités indistrielles, dont la principale est l'alimentation. Qui n'a pas eu sur sa table du riz, de la mayonnaise, de l'huile d'olives, du jambon ou du sel marqués du célèbre "Y" ?

L'histoire  de cette dynastie taurine éveilla une curiosité excitante chez notre équipe d'arquéologues des tentaderos oubliés. Rendez-vous fut pris avec LUÍS YBARRA COLOGAN, l'arrière petit-fils du fondateur de la ganadería EDUARDO YBARRA et sa maman LAURA COLOGAN à la finca familliale LA CASCAJERA à Isla Menor en plein coeur de la "marisma" sévillane.

En pénétrant dans la finca LA CASCAJERA, nous sommes d'abord impressionnés par le magnifique cortijo, SAN JOSÉ DE BUENAVISTA. L'écrivain René BAZIN (l'oncle d'Hervé BAZIN l'auteur de Vipère au poing) est lui aussi impacté par la vue du cortijo. Dans son "TERRE D'ESPAGNE", publié en 1894, il écrit : "Sur la gauche, s'élève une hacienda rose, carrée. C'est SAN JOSÉ DE BUENAVISTA, qui appartient à D. EDUARDO de YBARRA". Près de 150 ans après, seule la couleur des façades a changé ... Un patio imposant, des installations agricoles multiples et un corps de logis qui renferme un trésor taurin!

Des têtes de taureaux, des affiches, des photos, des gravures, des faïences, des peintures, ... un véritable musée qui retrace l'histoire des YBARRA ganaderos.

Notre hôte nous fait ensuite découvrir la jumenterie de purs sangs arabes. Une merveille. Poulains, étalons, juments, ... nous ébaissent de leur grâce et puissance. Cette "Yeguada" a été créée en 1917 par l'achat de quinze juments de la YM (jumenterie militaire) par JOSÉ MARÍA YBARRA GÓMEZ-RULL, qui possède le titre de CONDE DE YBARRA. Elle est encore une référence dans l'univers du cheval arabe pour sa pureté depuis ses origines : 

(https://yeguadaybarra.com/historia/)

Nous terminons cette magnifique visite par le monumental tentadero de la famille où s'est forgé pendant des lustres le caractère des taureaux d'YBARRA. A noter que l'édifice a gardé sa couleur rouge sienne originelle (comme l'était le cortijo). Ce lieu hanté par la caste et la bravoure est terriblement émouvant pour les aficionados que nous sommes. Et que dire de cet "azulejo" mythique qui résume un pan fondamental de l'histoire de la tauromachie?


"CONSTRUIT L'ANNÉE 1.885

Toreros qui ont toréé ici avant et après avoir pris l'alternative.

ANTONIO REVERTE, prit l'alternative en 1891.

EMILIO BOMBA, prit l'alternative le 21 septembre 1893.

ANTONIO FUENTES, prit l'alternative en 1893.

JOSÉ GARCÍA (ALGABEÑO), prit l'alternative le 22 septembre 1895.

RICARDO TORRES (BOMBITA), prit l'alternative en 1899.

RAFAEL GOMEZ (EL GALLO), prit l'alternative le 28 septembre 1902."


Prodigieux!!!


          José María de Ybarra y Guttiérez de Caviedes

 

   Le fondateur de la dynastie avec 5 de ses 8 fils

            Ganadería Murube, à l'origine des futurs Ybarra

Le célèbre Vencedor lidié à Murcie

Le sang Ybarra coule dans les veines des
taureaux de Santa Coloma et Parladé












Huile, mayonnaise, sel, riz ...










                       Luís Ybarra et sa maman Laura Cologan

Les chercheurs des tentaderos oubliés autour des propriétaires

Le patio central du corps de ferme



Entrée du cortijo "San José de Buenavista"



Musée taurin. Le tentadero et le cortijo aux mêmes couleurs


Musée taurin


Musée taurin

 
Jumenterie arabe





 

 
Le tentadero historique/oublié









Le tentadero oublié au temps de sa splendeur



Devant l'azulejo historique

L'hommage de l'afición nîmoise à la famille Ybarra

vendredi 26 juin 2026

Mayoral de Saltillo

A la finca LA VEGA à PEÑAFLOR avec
ENRIQUE RUIZ, le Mayoral de SALTILLO

 





































vendredi 29 mai 2026

Rogelio Pajuelo

Quinze années comme mayoral, au pied du canon, tous les jours, du matin au soir, créent de très nombreuses histoires à conter. Surtout des histoires de taureaux, mais aussi des histoires humaines de toreros. Celle de ROGELIO PAJUELO en est une.

La première fois que ce gamin me demanda très poliment d'assister à un tentadero, il n'avait que douze ans. Menu, de petite taille, il paraissait  minuscule devant la génisse d'ALBASERRADA.

Mais son courage et sa conviction me plurent. Après cette première, il fréquenta assidûment MIRANDILLA et ses tentaderos. De tapia (expression qui définit la pratique pour les jeunes apprentis toreros d'attendre que le maestro invité par l'éleveur en termine et que le mayoral les autorise à affronter à leur tour la vache en piste), il montra toujours une courtoisie et un respect preuves d'une excellente éducation.

Il ne refusa jamais de "sortir" avec les vaches, même les plus grandes et les plus retorses (et il y en avait quelques unes chez ALBASERRADA ...). Il le faisait même parfois contre mon avis. Et quel plaisir de voir cette qualité rare chez les novices : savoir écouter et appliquer les conseils donnés par son maître professeur de toujours TOMÁS CAMPUZANO.

Nous fumes ainsi les témoins, en quelques mois, d'une amélioration exponentielle. 

C'est à l'âge de quatorze ans que je lui offris l'opportunité de tuer son premier animal à MIRANDILLA lors du 12º festival dans la CERCA DE LOS FRANCESES le 11 novembre 2023. Il coupa ce jour-là 2 oreilles à ELEGANTE le becerro (jeune taureau) nº 55 (tour de piste posthume), ce qui lui valu de remporter le trophée EDUARDO ROLÁN. Il récidiva le 2 décembre 2023 pour le 13º et dernier (avant-dernier ...) festival de TORRITO AFICIÓN. Il coupe deux oreilles au nº 3 HORTELANO (tour de piste posthume).

Depuis mon départ de MIRANDILLA, je côtoie moins ROGELIO, mais je suis l'évolution de sa prometteuse carrière. Nous attendions tous qu'il ait enfin les seize ans réglementaires pour se produire en public avec mise à mort et participer à des bolsins. Il faudra attendre pour cela le 11 juin 2025.

2025 sera l'année du décollage : 2 oreilles et queue à ALMADÉN pour se qualifier à la finale des promesses de la chaîne CANAL SUR, 2 oreilles à CENIZATE. Il termine 3º (sur 6) de la finale de CANAL SUR à LUCENA. À BEAS il connait la face amère de la tauromachie avec un gos "tampon" qui lui fit perdre connaissance.

Et cette année 2026 sera celle de l'explosion.

Il est le triomphateur du Bolsín PEPE DE MONTIJO organisé par la COORDINATION DES CLUBS TAURINS DE NÎMES à BELLEGARDE le 27 mars (ce qui lui vaut une place à la novillade de la Féria de NÎMES en mai).

Il est le vainqueur du Bolsín EL CAMPO à VAUVERT le 8 mai.

Il remporte le 16 mai le Certamen (concours) CLUB COCHERITO DE BILBAO qui lui vaut de toréer la novillade de la Féria de BILBAO le 24 août.

D'autres triomphes à UBRIQUE (course télévisée par CANAL SUR) et à CORIA.

Et sa plus belle récompense pour l'instant, les 2 oreilles d'un novillo de ROLAND DURAND lors de la Féria de NÎMES qui lui vaudront une sortie par la porte des Consuls de l'amphithéâtre nîmois!

Il faut raison garder et avoir beaucoup de patience. Le chemin va être ardu. Impossible de savoir aujourd'hui quel avenir va réserver cette merveilleuse profession à ROGELIO PAJUELO, mais le début de cette histoire fait du bien et il faut savoir le savourer. D'autres moments magiques viendront ...

La belle histoire d'amitié entre TORRITO AFICIÓN et le village de GERENA est née en 2009, ... qui est aussi la date de naissance de ROGELIO. On peut donc dire que cette histoire est celle de tous les nîmois qui son attachés à GERENA depuis la famille AIGON, la PEÑA CAMPUZANO, TORRITO AFICIÓN, les amis de PABLO ROMERO, COL y TOROS, LA COORDINATION, ... (la liste est très longue).

Le seul petit problème pour les français hispanisants "de comptoir", est qu'il faut apprendre à prononcer ROGELIO PAJUELO, avec les sons "RR" et "JOTA" et aux bons endroits ... Et ça c'est une autre histoire ...

Le maletilla et le mayoral

Torero et attapaïre (trophée Gillou 2022)

Son premier becerro

Sa première mise à mort

José, le soutien permanent

Avec Tomás Campuzano, le maître de toujours
et Philippe Michel (Col y Toros)

22 mai 2026, porte des Consuls de Nîmes









mardi 12 mai 2026

Mayoral de Torrestrella

JUAN CID DE LA CORTE, troisième génération de Mayoral de la ganadería TORRESTRELLA.

Lorsqu'un simple Mayoral rencontre un maestro Mayoral, qu'une chose à faire, se décoiffer!

mardi 5 mai 2026

Ça cogne dur au campo!

 

Les contrastes du campo. Après la douceur de la Dolce Vita, ça cogne dur!

lundi 6 avril 2026

Sur les traces des tentaderos oubliés : "La Alegría" de Concha y Sierra

L'équipe des chasseurs de tentaderos oubliés, se sont rendus au nord-ouest de Séville, entre les villages de Gerena, Sanlucar la Mayor et Olivares, à la finca La Alegría, une des fermes historiques de la ganadería de Concha y Sierra.


L'histoire de la ganadería Concha y Sierra débute en 1873. Fernando de la Concha y Sierra, de Jerez, crée un élevage avec des bêtes de Taviel de Andrade et de Juan Castrillón, pures Vazqueñas.

Il possède alors 1.500 hectares, avec les "fincas" héritées "La Abundancia" et "La Prosperidad" à Isla Mayor et les terres achetées de "La Alegría".

Notons au passage les noms des fermes (Abondance, Prospérité et Allégresse) qui prouvent une richesse de sol hors du commun. Joaquin de la Cocha y Sierra, le frère de Fernando, sera à l'origine de la ganadería Pérez de la Concha, dont le fer vient d'être racheté par la maestro Morante de la Puebla. Mais ça c'est encore une autre histoire ...

Pérez de la Concha

Fernando meurt en 1887 et son épouse, Celsa Sofía Bernardina Agniel de Fontfrede y Blázquez Dávila (diminutif, Celsa Fontfrede) devient la première des veuves ganaderas historiques de cette dynastie.

Celsa, d'origine française, séduit Fernando qui assitait aux représentations de sa troupe de cabaret aux mœurs  légères : les bouffes madrilènes. La haute société espagnole rougit mais doit accepter cette union dont naîtront Fernando qui mourra à l'âge de 26 ans et Concepción.

Allégre, libre et dotée d'un fort caractère, elle supporte mal de ne posséder que l'usufruit des propriétés de son défunt mari. En seulement quelques années elle résussit à racheter tout son patrimoine et a la fierté de voir annoncer ses taureaux comme "Doña Celsa Fontfrede" et non plus comme "Veuve de Concha y Sierra" ...

Celsa Fontfrede

Seis toros de Celsa
Fontfrede à Valencia

Celsa unira ensuite sa vie sentimentale à celle du torero Manuel García Cuesta "El Espartero". Cet illustre maestro sévillan, paradigme du courage (23 coups de cornes, "il a plus de courage que El Espartero", "la faim inflige plus de coups de cornes que les taureaux", ...) tombera finalement dans les arènes de Madrid en 1894, tué par le taureau Perdigón de Miura. A noter qu'il figurait au cartel de la prise d'ancienneté de Celsa Fontfrede en 1892 et qu'il avait pour habitude de toréer "à la lune" les animaux de sa future maîtresse dans la finca de La Alegría! De cette union, naîtra une fille, Pilar García Fontfrede.

La faim inflige plus de coups de corne  

Cette idylle inspirera le roman de Blasco Ibañez "Sangre y arena" ("Sang et sable", "Blood and sand"), paru en 1908, dont plusieurs adaptations cinématographiques verront le jour. En 1922, un muet, noir et blanc avec l'immense Rodolfo Valentino dans le rôle du torero; en 1941, le superbe film de Rouben Mamoulian avec Tyrone Power, Rita Hayworth et Antony Quinn et enfin en 1989, une médiocre version avec Sharon Stone.

Sang et Arène

Deux fois veuve, Celsa gère une ganadería qui connait des hauts et des bas mais sera toujours présente dans les grandes férias, les "figuras" ne boudant pas ce bétail.

A noter que tout comme Pablo-Romero, l'administration espagnole accorda à la famille que Concha y Sierra qui étaient au départ deux noms de famille s'unissent pour n'en faire qu'un afin de ne jamais perdre l'appelation de la ganadería.

A la mort de Celsa en 1929, c'est sa fille légitime Concepción de la Concha Fontfrede qui prend les rênes de l'élevage. A son tour veuve en 1935 de l'homme politique Manuel Sarasúa, elle sera la nouvelle veuve de Concha y Sierra jusqu'à sa disparition en 1965.

Concepción de Concha y Sierra Fontfrede

Ce sont donc bien deux veuves, mère et fille, qui ont maintenu au sommet ce célèbre élevage pendant près de 80 ans!

Lors de cette étape, les taureaux de Concha y Sierra cause l'effroi avec 4 toreros tués dont le fameux sévillan Pascual Márquez en 1941 par Farolero à Las Ventas de Madrid. Ce fin torero de Villamanrique de la Condesa, était très uni à l'élevage et y avait même travaillé. Décidemment, après les décès d'Espartero et de Márquez, il n'était pas de bonne augure être un proche de cet élevage ... D'ailleurs surnommée la ganadería à la légende noire, il faudra la mort de Manolete en 1947 pour que Miura récupère définitivement cette tragique appelation.

Pascual Márquez

A la mort de Concepción, la ganadería passe dans les mains de la famille Pareja-Obregón Sartorius, Joaquin étant l'époux de Pilar, la fille de Celsa et d'Espartero le torero. Ce Joaquin s'éteint en 1961 et laisse se veuve Pilar (encore une veuve!) gérer la ganadería jusqu'à sa propre mort en 1965.

C'est un des fils de Joaquin et Pilar, Juan de Dios Pareja-Obregón y García qui hérite de l'élevage à la devise blanche, gris plomb et noire. Ce personnage fut, en plus de très bon vivant, poète, ganadero, cavalier, écrivain, chanteur, guitarriste et torero.

Juan de Dios Pareja-Obregón

Il reçut l'alternative en 1951 de Chicuelo et se coupa la "coleta" le même jour ayant promis à sa future épouse de la lui offrir pour son mariage. Un de ses fils Martín Pareja Obregón, fit partie de cette grandiose génération de novilleros qui remplissaient dans les années 80/90 les gradins de toutes les arènes du monde taurin, Litri, Camino, Jesulin, Chamaco, Caballero, Ponce, ...

Martín Pareja-Obregón

La gestion de ce personnage "singulier" ne sera pas des plus rigoureuses et dès 1968 le cheptel est vendu et va changer de mains à plusieurs reprises : José-Luís Martín Berrocal, Gabriel Rojas Fernández, "King Ranch" Los Millares, Miguel Baéz Espuny "Litri", José-Luís García Palacios, Jean-Luc Couturier et José-María López López depuis 2021.

Saluons les huit années de présence des taureaux de Concha y Sierra à Coste-Haute au pied des AlpillesJean-Luc Couturier fit preuve de courage et d'opiniâtreté pour maintenir cet "encaste" si particulier.

Jean-Luc Couturier

Le patrimoine de cette ganadería fondamentale a dû se disperser lors de ces nombreux changements de propriétaires. Il n'y a plus de bêtes à "La Prosperidad", le superbe cortijo de "La Abundancia" est en ruines. Nous nous sommes donc rendus à "La Alegría" pour remercier l'actuelle famille propriétaire des lieux, les Osuna Boceta, de faire l'effort de sauvegarder ces derniers vestiges témoins de l'histoire des Concha y Sierra : les arènes (carrées) où tant de vaches "Vazqueñas" ont été testées,  les corrals, le couloir d'embarquement qu'ont emprunté tant de taureaux du fer "C y S" quelques affiches historiques et le taureau Barbero (nº 17) qui permit à Juan Belmonte de réaliser une de ses plus intenses faenas à Madrid en 1917!

Barbero et Torrito

Compte-rendu de journalistes de l'époque de cette faena intemporelle : 

"Et il apparut. Gigantesque, sublime. Apparut Belmonte, l'art de toréer, le style, la quintessence dépurée. Cette faena a été la plus Belmontine, la plus inoubliable de ses grandes faenas ... tout le toreo classique, tout le toreo basique, de naturalité invraisemblable ... Moi qui ai toujours su me retenir, me mesurer, je suis devenu comme les autrres : j'ai crié fort, j'ai porté mes mains à la tête, j'ai perdu le sérénité. Je n'ai jamais vu d'art aussi pur, de courage si naturel, autant de domination, d'esthétique. Il ne toréait pas pour le public, mais pour le toro et pour lui. Point final à la brillante histoire de la tauromachie : après ça, rien. Il n'y aura rien aprés ---"

Belmonte et Barbero

En remerciement d'avoir élevé ce taureau aussi important pour sa carrière, Belmonte avait pris l'habitude de se décoiffer chaque fois qu'il passait devant le palais des Concha y Sierra rue O'Donnell à Séville pour saluer la grande veuve. Il le fera jusqu'à son suicide en 1962.

Vestige du palais des Concha y Sierra

Un azulejo de remerciement a été offert à Plácido Osuna : 

"En agradecimiento por mantener el patrimonio taurino de la histórica ganadería Concha y Sierra". 

"Remerciement pour maintenir le patrimoine taurin de l'historique élevage Concha y Sierra". 

La afición de Nîmes. Noviembre 2025".

Corrales et placita de tienta (carrée)

Torrito raconte l'histoire de Barbero et Belmonte

Les chercheurs de tentaderos oubliés


Torrito et Plácido Osuna devant un burladero historique

Azulejo posé

Que de bravoure dans cette arène ...