| Cigarette aux lèvres |
Les habitués des ferrades de Mirandilla connaisaient bien Salvador. Sa présence devant les fers, cigarette aux lèvres, était une image infaillible. Lui si discret et timide, il a pourtant été immortalisée par des dizaines de photos.
Pour moi, la journée de marquage débutait toujours par sa voix rocailleuse de fumeur impénitent qui me demandait : quels sont les numéros à attribuer aux mâles et aux femelles? Information qu'il notait ensuite, de son écriture si ronde et parfaite, sur la liste accrochée au tronc de cet eucalyptus qui lui procurait de l'ombre pour les ferrades d'été.
Je lui avais déjà rendu hommage il y a quelques années sur ce blog :
https://lescarnetsdumayoral.blogspot.com/2021/03/la-poesia-silenciosa-del-herrero-de.html
Il n'existe pas une finca à Gerena et alentours qui n'ait pas fait appel à ses services de maître ferronier. Combien de tracteurs, de remorques, de portails, de charrues, de clôtures, de couloirs de contention, ont été façonnés par ses mains noueuses et calleuses? Combien de problèmes surgis dans le quotidien d'une ferme ont été solutionnés par son intuition et savoir faire? Plus que ferronier, il était aussi usineur, capable de fabriquer la pièce qui faisait défaut et ne se trouvait plus en vente.
Salvador "el Herrero" restera pour moi un des personnages les plus attachants croisés lors de mon quart de siècle d'existence à Mirandilla. Il était de l'école ancienne : peu de paroles mais tout dans le regard!
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| Une présence discrète mais indispensable |
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| Et pourtant il n'aimais pas la foule ... |


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